Le chantre de la négritude s'est éteint à l'âge de 94 ans
Hospitalisé depuis une semaine à l'hôpital Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France, le poète martiniquais s'est éteint jeudi matin. Avec lui, 50 ans de poésie et de combat politique disparaissent.
La Martinique est en deuil. Comme la métropole d'ailleurs. Aimé Césaire poète, chantre de la négritude et figure tutélaire de la politique martiniquaise n'est plus. De toutes parts, on salue son ½uvre engagée et salutaire.
Très tôt dans le bain
Il naît le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (au Nord est de la Martinique) d'un père enseignant et d'une maman, couturière. Comme ses six frères et s½urs, il se nourrit des histoires de son grand-père, premier enseignant noir en Martinique qui leur transmet sa soif de culture.
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Il créé le terme Négritude
En 1931, il obtient une bourse qui lui permet de suivre des études supérieures à Paris. En classe d'hypokhâgne, il rencontre Leopold Sédar Senghor avec qui il noue une amitié qui durera jusqu'à la mort de l'homme politique sénégalais en 2001. C'est ensemble qu'en 1934 ils fondent la revue L'étudiant noir à laquelle collaborent également Léon Gontran Damas, Guy Tirolien et Birago Diop. Dans leurs colonnes, le terme Négritude apparaît pour la première fois en réaction à l'oppression culturelle du système colonial français.
Par cette provocation, Césaire veut promouvoir l'Afrique et sa culture et lutter contre une certaine forme de racisme. Il déclare alors: «Je suis de la race de ceux qu'on opprime». L'année suivante, il intègre l'Ecole Normale Supérieure et commence la rédaction de son chef d'½uvre poétique, Cahier d'un retour au pays natal. Au total, il écrira 14 ½uvres, des recueils de poésie, des essais et des pièces de théâtre traduits danns le monde entier.